mardi, janvier 30, 2007

Mutations religieuses et société... - IV

Peut-être n'avons nous pas eu le souci dans notre "expansionisme culturel" de favoriser l'inculturation. En ce sens, il me semble essentiel comme le souligne Balthasar de "considérer avec bienveillance les valeurs que l'on rencontre et montrer avec douceur qu'elles ne s'achèvent vraiment que dans le message chrétien" (1) mais non sans risque souligne-t-il que le sel s'affadisse.

(1) Hans Urs von Balthasar, Dramatique Divine, 3 L'action, ibid p. 432

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dimanche, janvier 28, 2007

Mutations religieuses et société... - III

Et si nous ouvrons la fenêtre et regardons les mouvements sociaux en cours dans les pays africains ou du Moyen-Orient, nous pouvons percevoir que les grandes mutations industrielles que nous exportons là bas, pour approvisionner nos marchés en matières premières et carburant, conduisent plus qu'ailleurs à la paupérisation du monde (non seulement en termes de ressources, qu'en termes de cultures, pertes de repères et de tradition...).
Les grands exodes ruraux sont autant d'exculturation des peuples, pertes de repères et d'assises, pertes de référence, à l'image de la perte de sagesse que l'on observe dans nos banlieues, quand les pères déracinés et au chômage ne sont plus porteur de référence pour les jeunes générations.
La tâche est immense. Et notre rôle de chrétien semble essentiel...

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Mutations religieuses et société... - II

Ces mutations sont amplifiées par les mouvements de population, ce qui est devenu la règle : la "mobilité professionnelle" a accru la perte des repères et traditions familiales qui jouaient un rôle de régulateur dans les choix de vie et les actes des personnes.
En France, l'urbanisation exceptionnelle de ce siècle à fortement influencer ces bouleversements. La thèse de Danièle Hervieu-Léger (Catholiscisme, la fin d'un monde) donne une version très réaliste de ces changements.
Il me semble qu'il faudrait creuser plus loin cette analyse à l'échelle planétaire. En effet, la mondialisation a amplifié ce phénomène à toutes les sociétés. Et la pensée unique, n'est pas un phénomène national. On assiste d'une certaine manière, par le biais des médias à l'exportation d'un modèle qui n'en est pas un. "L'american way of life" est devenu le standard de marché... Mais est-ce un modèle ? Peut-on dire que les séries américaines qui sont devenues "cultes" du monde véhiculent les valeurs qui vont permettre à chaque individu de se construire, de découvrir des valeurs fondamentales comme le sens de l'effort, la fidélité et la charité, qui restent les seules capables à mon sens de permettre de construire une véritable socialisation de l'individu...

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lundi, janvier 15, 2007

Mutations religieuses et société... - I

Dans nos sociétés modernes, l'exculturation de nos repères religieux (la "mort de Dieu" dans nos cultures, c'est-à-dire non pas la mort de Dieu elle-même mais le refus appuyé et constant de l'homme a lui reconnaître une place) a conduit le monde à une individualisation de la pensée. Le lien ténu entre l'homme et Dieu s'est perdu, au même titre d'ailleurs que les liens entre les hommes entre eux.
Nous assistons à des bouleversements culturels majeurs, des pertes de repères traditionnels, qui conduisent à se calquer sur des modèles culturels qui n'apportent plus les structures de pensée suffisantes pour interpeler l'homme sur ses actes.
En perdant le sens de sa vie et ses actes, l'homme perd les repères structurants qui fondaient son agir.
Et sans pouvoir normer son agir, il contribue à la déstructuration de la société traditionnelle.

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samedi, décembre 30, 2006

Aimer c'est risquer - II

Une société individuelle qui refuse le risque est une société où l'amour n'a plus sa place... Dans le risque repose le secret de la confiance, de la foi, de l'amour, ce basculement hors de soi où l'on se risque à être...

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vendredi, décembre 15, 2006

Notre richesse nous étouffe...


Quel est le fruit de notre société moderne, qui se complaît dans l'auto-satisfaction d'un bien-être, d'un savoir et d'une certaine manière de tous ses petits riens qui font notre confort. Nous accumulons (et moi le premier) ces signes extérieurs de richesse qui nous distinguent du voisin, sombrant ainsi dans un mimétisme destructeur... Mais cette richesse est loin du réel, de la pauvreté qui nous côtoie et que nous méprisons, parce qu'ils n'ont pas...
La vie de Dieu, la vie en Dieu n'est pas là. Nous passons à côté sans la voir.
"Il faudrait enseigner la pauvreté au pauvre" confie l'abbé de Torcy au curé de campagne de Bernanos...(1) La pauvreté extérieure est le chemin qui conduit à la pauvreté du coeur et la pauvreté du coeur introduit à une richesse qui n'est pas notre. Elle nous ouvre à celui qui s'est fait pauvre ...

Journal d'un curé de campagne, Bernanos, Oeuvres Romanesques, Gallimard, p. 1074

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lundi, juin 26, 2006

Maîtrise technique

La puissance de l'homme est amplifiée par la puissance de la machine, qui flatte ses besoins de pouvoir et décuple ses forces. C'est pourquoi notre monde devient la cible de forces toujours plus brutales, ce qui ne veut pas dire que la violence des hommes soient supérieures à celle d'antan, mais ce qui sous entend que la fragilité de l'être se trouve maintenant et plus qu'avant à la merci du drame.
Quand la puissance n'intègre plus la bonté, quand elle perd son humanisme profond, on devient esclave du pouvoir que l'on a créé même si c'était pour le bien. C'est pourquoi Balthasar nous rappelle (1) qu'une philosophie de puissance doit être complétée par une philosophie de la prière.
A méditer...

(1) d'après Hans Urs von Balthasar, Dramatique divine ibid DD 2, 3 p.140

PS : L'été approche et les souvenirs reviennent...

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